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Vendredi 17 novembre 2006

La plupart des PMEs n’ont pas de service du personnel, et le recrutement est fait par le ou les dirigeants. Le coût et le temps passé à la publication des offres d’emploi et la sélection des candidats sont important, et occupe une bonne partie du temps des chefs d’entreprise.

Le recrutement pose deux problèmes essentiels :
1.
Attirer des salariés compétents, talentueux et suffisamment ambitieux.
2.
Les conserver.

Il est un fait que les salariés les mieux formés et les plus ambitieux se dirigent naturellement vers les grandes entreprises qui offrent à la fois un nom prestigieux ou connu sur leur CV, et donc une garantie supplémentaire pour les futurs employeurs, une sécurité de l’emploi supérieure puisque la grande entreprise font moins facilement faillite, des avantages en nature tels que ceux liés au comité d’entreprise, et enfin des possibilités d’évolution de carrière et de promotion que n’offrent pas les PMEs.

Le résultat est qu’il est très difficile pour un dirigeant de PME de recruter les meilleurs candidats. Et même lorsqu’un salarié talentueux a pu être embauché, il est à peu près sur que 18 mois a deux ans plus tard, ce même salarié voudra des responsabilités supérieures, et ne les trouvant pas dans son entreprise trop petite, s’en ira les chercher dans une entreprise plus grande.

Le résultat est que les PMEs sont sans arrêt entrain de recruter et former de nouveaux salariés, ce qui ralenti considérablement leur développement et occupe une part important de leurs ressources.

Je dirige une PME de15 personnes et viens personnellement de passer une période de 3 mois pendant laquelle plus de 50% de mon temps a été passé au recrutement pour plusieurs postes à pourvoir. Ne pouvant pas avoir recours systématiquement à des agences de recrutement qui demandent des honoraires entre 15 et 20% d’une année de salaire du candidat, il m’appartient donc de procéder au recrutement moi-même. Bien sur, le développement des sites Internet de recrutement aide considérablement, mais le coût reste élevé. Or la politique de l’emploi des gouvernements successifs a depuis longtemps été axée sur l’aide aux chômeurs, mais bien des choses pourraient être faites pour aider les entreprises à recruter. Je citerai ici deux exemples:

1.
Les écoles de formations ne proposent pas toujours aux employeurs suffisamment de moyens de joindre et communiquer avec leurs diplômés.
2.
L’ANPE offre un service aux employeurs qui est limité et qui pourrait être très largement développé.

J’ai cherché récemment à recruter un programmeur en langage PERL. Le langage PERL est un langage de programmation ancien, mais très robuste et très précis. Il est utilisé par des sites très importants comme ebay, Yahoo ! ou Interflora. Pourtant, la plupart des écoles informatiques ont arrêté de l’enseigner pour enseigner Java ou C++ à la place si bien que seuls les programmeurs qui ont appris le langage eux-mêmes ou ont travaillé pour une entreprise qui l’utilise le connaissent.

N’ayant pas pu trouver en Angleterre de compétences adéquates bien qu’ayant cherché pendant plus d’un mois, j’ai décidé de chercher en France et d’envoyer des annonces aux IUTs d’informatique, pour essayer de joindre certains de leurs anciens élèves qui, après quelques années d’expérience auraient pu avoir appris ce langage. La rémunération était très attractive pour un informaticien français.

Je pensais que les IUTs devaient tous avoir des sites Internet avec des pages consacrées aux offres d’emplois pour leurs anciens élèves. Je fut très surprise de voir que tous n’offraient pas la possibilité de mettre des annonces en ligne. Pour l’un d’entre eux, il n’y avait même pas une adresse email pour le service Carrière et emploi. La seule adresse email visible sur le site Internet de  l’IUT en question était celle de la Bibliothèque. J’ai donc envoyé mon annonce au bibliothécaire, en lui demandant de bien vouloir la faire suivre au service Carrière. Inutile de dire que je n’ai pas eu de réponse.

J’ai ensuite voulu mettre une annonce sur le site Internet de l’ANPE. Le site Internet de l’ANPE ne permet qu’aux entreprises francaises de mettre des offres d’emploi en ligne. Sans un numéro de SIRET, vous êtes arrêté des la première ligne.  Il a donc fallu que j’écrive et qu’un employé de l’ANPE me contacte. Il m’a appelé au téléphone environ 2 semaines plus tard pour poser des questions supplémentaires. Au total, il a fallu 3 semaines pour que mon annonce soit enfin publiée!

J’ai eu la déception de n’avoir aucune candidature venant de l’ANPE.
Je n’ai pas eu beaucoup plus de réponses de la part des IUT d’informatique dont les sites Internet ne sont probablement pas consultés par les anciens élèves, faute d’une gestion dynamique des offres d’emploi.

Finalement, devant l’absence de résultats, je me suis résolue à utiliser les services d’une agence de recrutement, qui a trouvé assez vite un candidat adéquat. Le coût du recrutement du candidat : 4,000 Livres Sterling ou presque 6,000 Euros. J’aurais préféré les donner au candidat !

Conclusion :
Il est vraiment dommage que les organismes de formation ne soient pas plus actifs pour permettre aux employeurs de recruter leurs diplômés. Ils pourraient offrir un service de qualité à bon marché. Aujourd’hui, certains IUTs semblent ignorer totalement le fait qu’il soit coûteux pour les employeurs de chercher des candidats, et que s’ils facilitaient la tâche des employeurs, ils donneraient un avantage compétitif certain à leurs anciens élèves.

Quant à l’ANPE, elle pourrait sans beaucoup de moyens supplémentaires, puisqu’elle dispose déjà de l’essentiel, c’est-à-dire d’une base de donnée de demandeurs d’emplois, fournir un service beaucoup plus efficace pour les employeurs. Elle pourrait par exemple aider les employeurs à recruter autant qu’elle aide les chômeurs à chercher du travail en recherchant et contactant de façon active des demandeurs d’emploi qui ont les compétences qui correspondent à ce que cherche une entreprise, dans le but de répondre à la demande précise de cet employeur. Il n’y a pas de raison que les agences de recrutement privées trouvent des candidats et que l ’ANPE n’en trouve pas.  Seulement les agences privées téléphonent aux candidats qu’ils ont dans leur base de donnée et ont une approche beaucoup plus active.

Faciliter le recrutement serait une façon d’aider à la fois les chômeurs et les entreprises, et notamment les petites entreprises pour qui le recrutement et la rétention des employés est une difficulté majeure.

L’aide au recrutement pour les entreprises devrait faire partie de la politique de l’emploi. En aidant les entreprises, et notamment les PMEs à accélérer leur recrutement par le biais de l’ANPE, mais aussi des écoles et Universités qui forment et vers lesquels les employeurs se dirigent naturellement lorsqu’ils cherchent une compétence précise pour accéder au réseau des anciens élèves, le gouvernement permettrait une plus grande fluidité du marché de l’emploi et contribuerait à réduire le chômage.

Sabine Guerry,
Chef d'entreprise,
UMP Londres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par délégation UMP de Grande-Bretagne - Publié dans : special-entreprise
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