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Dimanche 16 juillet 2006

Aider l’entreprise


L’image que la population Française a de l’entreprise et du chef d’entreprise provient dans une large mesure de celle qui est lui donnée par les médias. Or ceux-ci concentrent leur attention essentiellement sur les grandes entreprises et leurs dirigeants.


Ces grandes entreprises ont des cadres dirigeants avec des parachutes en or, des stock- options et des salaires qui, bien que parfois modestes par rapport aux salaires des patrons anglo-saxons, paraissent exorbitants aux employés.

Ces grandes entreprises ne créent que très peu d’emplois, et font l’objet de plans de licenciements économiques très médiatisés. L’écart entre la situation des patrons très protégés et celles des salariés licenciés, parait alors injuste aux français.


Ces grandes entreprises, sont aussi le théâtre des privilèges. Le statut de cadres par exemple, donne à ceux qui en bénéficient des privilèges parfois sans rapport ni avec la fonction, ni avec la qualité du travail fourni. Ainsi dans l’industrie automobile, les cadres sont assis sur des fauteuils, et les non-cadres sur des chaises.

Il en résulte un sentiment de jalousie envers la catégorie privilégiée, et des rapports entre les employés qui s’expriment en terme de ‘classe’.


Pour beaucoup de français, le patron est un ‘nanti’ et l’entreprise, une organisation ou les rapports sociaux sont nécessairement conflictuels et ou l’intérêt des employés ne peut pas être le même que celui de l’organisation.


Pourtant, le monde de l’entreprise est en réalité très différent. La France compte plus de 2,2 millions de PMEs, et seulement 5,000 entreprises de plus de 250 employés.


Les patrons ne sont pas des privilégies mais au contraire souvent du même milieu social que leurs employés. Leurs origines sociales sont variées puisque seulement 30% des créateurs d’entreprise ont un diplôme supérieur au Baccalauréat, et près de 16% n’ont aucun diplôme. Près de la moitié des créateurs étaient au chômage ou n’avaient pas d‘activité professionnelle un an avant la création de leur entreprise. 30% sont des femmes.



Entreprises créées en 2002


Femmes

Hommes

Diplôme



aucun diplôme

13,4

16,3

CEP, BEPC, brevet élémentaire, brevet des collèges

11,3

8,9

CAP / BEP

22,5

29,6

baccalauréat technique ou professionnel, autres brevets

10,1

10,2

baccalauréat général

10,1

6,7

diplôme supérieur au baccalauréat

32,6

28,3

Ensemble

100,0

100,0




Situation préalable



en activité (salarié, indépendant, chef d'entreprise…)

45,5

57,0

au chômage depuis moins d'un an

17,1

19,3

au chômage depuis un an ou plus

16,1

14,0

sans activité professionnelle

21,3

9,7

Ensemble

100,0

100,


Source : Insee, enquête SINE 2002.


Ces PMEs créent des emplois et emploient une proportion de plus en plus importante de la population. Les entreprises de moins de 50 salariés représentent 99% des entreprises et 55% des salariés. Les PMEs créent plus de 80% des emplois et ces dernières années, la part des employés travaillant dans des entreprises de plus de 500 salariés est passée de 20% a 11%. Le nombre de création d’entreprises qui diminuait jusqu’en 1999 augmenté régulièrement chaque année depuis 2000 et a dépassé 300,000 en 2004.





2002

2003

2004

Personnes morales

40,7

41,9

44,4

Personnes physiques

59,3

58,1

55,6

Ensemble (nombre)

268 459

291 986

318 757

Champ: France entière.
Source : Insee, répertoire des entreprises et des établissements (Sirene).

Commentaire

En 2004, 320 000 entreprises sont créées ou reprises. Après une période de stabilité de 1997 à 2002 (environ 270 000 créations par an), la hausse de 2003 (+ 8,7 %) se poursuit donc en 2004 (+ 9 %). Les créations pures, qui constituent les deux tiers des créations d’entreprises, augmentent de 12,5 %.



Dans ces PMEs, il n’est pas rare que le patron réduise son salaire lorsque l’entreprise est en difficulté. Lorsque les affaires marchent bien, le patron embauche : 50% des patrons de PME envisagent de créer des emplois dans les 6 mois à venir.



Toutefois, les conditions de travail des patrons de PME qui créent la majorité des emplois en France, les risques qu’ils prennent et les soucis quotidiens de gestion de leur entreprise pour éviter la faillite sont souvent peu connus et reconnus.


Et pourtant, ils prennent des risques considérables puisque leurs ressources personnelles représentent 61% du financement lors de la création de leur entreprise et que seulement 50% des entreprises créées survivent plus de 5 ans. Une entreprise sur 6 disparaît dans la première année.

Les sources de financement

Ressources personnelles : 61%

Emprunts bancaires : 29%

Autres emprunts : 10%

Apport en Capital : 9%

Subventions: 2%

Source : INSEE, enquête SINE 98



Taux de survie des entreprises

%


Entreprises créées en 1994

Entreprises créées en 1998


Survie à 3 ans

Survie à 5 ans

Survie à 3 ans

Survie à 5 ans

Par secteur





IAA

67,4

57,2

70,4

58,2

Industrie hors IAA

61,6

50,0

68,4

54,5

Construction

60,7

49,0

68,6

55,4

Commerce et réparation

52,5

39,9

59,5

46,8

Transport

59,6

50,3

66,0

50,9

Services aux entreprises, immobilier, location

58,7

46,3

61,6

49,9

Hôtels-cafés-restaurants

56,8

42,5

59,4

44,7

Autres services

65,4

55,1

69,7

59,6

Par taille*





0 salarié

53,8

42,2

60,1

48,1

1 ou 2 salariés

63,2

49,9

69,8

55,5

3 à 5 salariés

67,2

54,6

71,2

57,7

6 à 9 salariés

69,5

58,5

73,8

60,8

10 salariés et plus

75,0

65,5

72,7

58,8

Selon la catégorie juridique





Personnes physiques

51,6

40,2

57,4

45,7

Personnes morales

66,7

53,6

71,2

57,4

Ensemble

57,9

45,8

63,4

50,8

* Effectifs au démarrage y compris dirigeant.
Champ : France métropolitaine et Dom.

Source : Insee, Système d'information sur les nouvelles entreprises (Sine).


Il nous paraît donc important de revaloriser l’image du patron de PME et de remettre en cause les rapports de ‘lutte des classes’ qui sont si présents dans les esprits en France. Dans les PMEs, le sort des salariés est étroitement lié à celui de l’entreprise et du patron. Les rémunérations et les responsabilités des salariés grandissent avec l’entreprise. La vision ‘marxiste’ de l’entreprise, qui a souvent une place privilégiée dans l’enseignement des Universités françaises, et où la classe des dirigeants s’oppose à celle de la classe des salariés, a peu de sens. Les différences entre ‘cadres’ et ‘non-cadres’ sont peu réglementés et les dépenses de ‘statut’ souvent inexistantes.


Il nous paraît également important de réfléchir sur la façon dont la France peut non seulement encourager la création d’entreprise, mais changer l’image de celle-ci dans les médias mais également dans l’enseignement, et encourager le développement des petites entreprises vers des tailles supérieures. Ces dernières années, ce ne sont pas les créations d’entreprises qui ont fait défaut. Mais le nombre des entreprises de plus de 250 salariés (5,000 pour 2,2 millions de PMEs) montre qu’il est difficile en France de développer une entreprise au-delà d’une certaine taille.


Nous vous proposons d’apporter sur ce blog vos idées et commentaires sur ces points. Nous vous encourageons également, si vous habitez Londres, à rejoindre notre groupe de réflexion ‘spécial entreprise’.


Sabine Guerry

Chef d’entreprise

Groupe ‘spécial entreprise’

UMP-Londres

Par Sabine Guerry - Publié dans : special-entreprise
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